En France, un bijou en or porte deux marques : le poinçon de garantie — une tête d'aigle pour l'or 750, dit 18 carats — et le poinçon de maître, un losange gravé aux initiales du fabricant. Voici comment les lire, et ce que signifient les autres.
Le poinçon est la carte d'identité d'un bijou. Quelques millimètres, frappés près du fermoir ou à l'intérieur de l'anneau, qui disent le métal, son titre, et souvent qui l'a fabriqué. Encore faut-il une loupe, et savoir quoi chercher.
Les poinçons français courants
| Marque | Ce qu'elle garantit |
|---|---|
| Tête d'aigle | Or 750 millièmes — 18 carats |
| Coquille Saint-Jacques | Or 585 millièmes — 14 carats |
| Trèfle | Or 375 millièmes — 9 carats |
| Tête de Minerve | Argent 925 ou 800 millièmes |
| Tête de chien | Platine 950 millièmes |
| Hibou | Or d'occasion ou importé, sans origine garantie |
| Losange aux initiales | Poinçon de maître : l'atelier qui a fabriqué le bijou |
La tête d'aigle est la marque que vous chercherez le plus souvent : c'est celle de l'or 18 carats, le standard de la joaillerie française. Le losange, lui, ne garantit pas le métal mais signe l'atelier — c'est le « poinçon d'orfèvre » que l'on cherche sur les pièces anciennes pour identifier leur origine.
Et l'or blanc ?
Même poinçon. L'or blanc, comme l'or rose, est de l'or 750 millièmes dont on a changé les métaux d'alliage : palladium ou argent pour le blanchir, cuivre pour le rosir. La tête d'aigle ne dit pas la couleur, elle dit la teneur en or fin — et c'est elle qui compte.
« 750 », « 585 », « 925 » : les chiffres seuls
Beaucoup de bijoux, notamment étrangers, ne portent qu'un chiffre : le titre en millièmes. « 750 » signifie 750 grammes d'or fin pour 1000 grammes d'alliage, soit 18 carats ; « 925 » désigne l'argent sterling. En Suisse, où la maison est née, les bijoux portent l'indication de titre et le poinçon de responsabilité du fabricant — le poinçon officiel à tête de saint-bernard, lui, est réservé aux boîtes de montre.
Les poinçons anciens
Les marques ont changé au fil des régimes : un coq garantissait l'or au tout début du XIXe siècle, et chaque époque a laissé les siennes. C'est une chance : sur un bijou ancien, le poinçon permet souvent de dater la pièce à quelques décennies près, parfois d'identifier l'atelier. C'est l'un des premiers gestes d'une expertise.
Pas de poinçon ? Pas de panique
Un bijou sans poinçon n'est pas forcément un bijou sans valeur. Les pièces légères peuvent échapper à l'obligation de marque, les poinçons s'effacent au polissage, et bien des bijoux étrangers ou anciens n'en ont jamais porté. Un test à la pierre de touche ou au spectromètre établit le titre en quelques minutes, sans abîmer la pièce.
Si vous hésitez sur une marque, apportez le bijou : lire les poinçons fait partie du métier, et l'avis est immédiat. Nous recevons sur rendez-vous à Genève et à Nice.
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